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Poitiers : nouvelle scène de théâtre de groupuscules extrémistes ?

Sophie Marchand

Un groupe de militants vêtus de noir, le visage dissimulé par des masques investit silencieusement un rassemblement du « Collectif contre la prison de Vivonne » qui manifestent contre le transfèrement de prisonniers. Nous sommes le 10 octobre 2009, à Poitiers, les membres de ce groupe appliquent la même stratégie utilisée le 4 avril précédent lors du sommet de l’Otan à Strasbourg avec pour objectif déclaré de « détruire » ce qu’ils considèrent comme le symbole du capitalisme.

Photo AFP

Un manifestant anti-OTAN lors du rassemblement anti-atlantiste à Strasbourg, le 4 avril 2009, en marge d’un sommet de l’OTAN. (Crédits : AFP Photo / Olivier Laban-Mattei)

La « stratégie du coucou »

Poitiers a donc été ce jour-là la cible d’une de ces opérations qualifiées de « stratégie du coucou » (intervention basée sur l’infiltration d’une manifestation un jour d'événement festif) qui a permis aux casseurs de surprendre les forces de l’ordre qui n’ont pu prévoir les actes de destruction et d’affrontements. L’organisation de la manifestation anti-carcérale a ainsi offert un« terrain de jeu festif » à ces activistes qui défient la loi et l’ordre.

L’annonce du rassemblement dès le 4 août 2009 sur de nombreux sites communautaires engagés n’a d’ailleurs jamais laissé présager que cela tournerait ainsi. Les membres du «  Collectif contre la prison de Vivonne » ont rejeté toute responsabilité en déclarant, le lendemain: « (...) les pratiques utilisées ne correspondaient pas à nos attentes (...). Nous rappelons que, bien qu'ayant appelé à cette manifestation, nous ne sommes en aucun cas responsables des actes qui y ont été commis. »

Des mouvances autonomes et organisées

Ces manifestants sont fréquemment associés à l’ultra-gauche, à la mouvance libertaire, aux anarcho-autonomes ou bien aux « Black Blocks », mais ceci sans preuves tangibles.

Tandis que l’OCL (Organisation Communiste Libertaire) les qualifie « de casseurs, d’individus peu politisés, au contenu idéologique flou », Jean-François Papineau, directeur départemental de la sécurité publique de la Vienne, préfère parler de « professionnels de l’activisme et de la violence urbaine, à la discipline quasi-militaire ».

La seule chose sur laquelle politiciens, journalistes et chercheurs s’accordent, c’est le mode opératoire de ces groupes éphémères et décentralisés. A ce sujet, Dominique Reynié, professeur des Universités en science politique à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, explique : « lorsque l’on fait référence au mouvement d’ultra gauche pour ce type d’évènement on fait référence à des groupuscules nombreux, qui souvent concernent peu de personnes, se mobilisent à l’occasion d’un évènement particulier et sèment le trouble comme cela a été le cas à Poitiers. »