Lorsque la police pénètre dans l'ancienne usine à brosses au numéro 23 de la route de Paris, elle croit y trouver certains acteurs des événements du 10 octobre 2009 à Poitiers.
Il est vrai que lors de cette journée, les membres du collectif de la prison de Vivonne y avaient été accueillis dans le cadre d'une journée de débats et de concerts autour du thème du monde carcéral.
Vers 21H00, «environ trente CRS ont débarqué par surprise, boucliers et matraques à la main», affirme un des membres du collectif 23.
La cinquantaine de personnes présentes qui assistaient à un concert se sont retrouvées allongées sur le bitume, fouillées et contrôlées par les forces de l’ordre.
Les lieux ont été perquisitionnés et trois personnes de l’association amenées au commissariat afin d’enregistrer leur déposition.
Souvent apparenté à un squat ultra gauche, comme ceux que le ministre Brice Hortefeux souhaite démanteler, le collectif 23 se décrit quant à lui comme «un lieu de création et de rencontres culturelles sans couleur politique et indépendant de toute institution».
L'association est intégralement autogérée et ne reçoit aucune subvention publique: la location des 600m2 et les ateliers créatifs sont financés par les seules donations des bénévoles.
Leur entière autonomie ainsi que leur revendication alternative ont été de parfaits «prétextes», selon les bénévoles, pour les présumer responsables des violences qui ont secoué la ville.
Le collectif 23 est aujourd’hui confiant et enthousiaste: «Nous n’avons jamais rien eu à cacher. D’ailleurs la police judiciaire n’a rien trouvé. Depuis ce samedi 10 octobre, l'équipe est devenue encore plus solidaire et nous avons vu nos rangs de bénévoles grossir.
Les infos de France3 nous ont même fait un coup de pub !».
Un amalgame somme toute pas entièrement négatif.